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CTP :19 Février 2015

 

 

12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 17:22

« Le gouvernement n’a pas engagé de vraie rupture avec la politique de Sarkozy »

 

Interview réalisé par Jean Pierre Anselme sur son Blog tenu sur Médiapart

On ne se considère pas comme des « partenaires sociaux ». C’est une manipulation des mots : on dit « partenaires sociaux » plutôt que syndicats. Et puis, qui dit « partenaires » dit intérêts communs et je pense que l’on n’a pas forcément des intérêts communs avec le patronat.

 

On avait trouvé un peu fort de café que le premier secrétaire d’un parti fasse le tri entre les « bonnes » et les « mauvaises » organisations syndicales. On l’avait rencontré quelques temps après et on s’en était expliqués. Il nous a dit alors qu’il n’avait jamais dit ça, affirmant qu’il n’avait « pas d’ennemi dans le syndicalisme ».

 

À priori, on y aurait été au moins une fois, mais comme on se serait rapidement heurté au Medef, on se serait posé aussi la question de la construction d’un rapport de forces et d’une mobilisation face à un patronat qui sort l’artillerie lourde et ne vise qu’à casser les droits sociaux.

 

Actuellement, on a un gouvernement qui fixe un impératif, un « compromis historique », un patronat à l’offensive et des organisations syndicales, semble-t’il divisées, dont pas une qui ne fasse de vraie proposition de mobilisation, pour l’instant.

La participation à ce genre de négociation n’est pas en soi un problème, le problème est de négocier à froid sans tentative de mobilisation sociale. On y serait allés, mais peut-être qu’on se serait trouvés devant la nécessité de claquer la porte !

Nous sommes pour un encadrement strict du recours aux contrats à durée déterminée, avec notamment une taxation forte et dissuasive des embauche en CDD. Si on veut vraiment lutter contre la précarité, il faut des mesures très contraignantes : pas plus de 5% de contrats précaires, par exemple !

 

On est aussi porteurs de l’idée d’un nouveau statut des salariés. Nous nous battons pour une continuité des droits de tous (quelque soit leur entreprise, grande, petite, entreprise donneuse d’ordre ou sous-traitante), avec le maintien du salaire, des droits acquis à la formation, l’ancienneté...

Le patronat doit être collectivement responsable, avec un fond patronal mutualisé (comme pour les accidents du travail) permettant de garantir les droits des salariés, quoiqu’il advienne de l’entreprise. On est aussi pour le droit de véto des comités d’entreprises sur les plans de licenciements. Les salariés ne sont pas responsables des réorganisations capitalistes.

On pense que l’idée de nationalisation rentre bien dans la responsabilité de l’État comme outil économique et social et on ne comprend pas bien pourquoi ça a suscité ce « débat », où les partisans d’une nationalisation d’ArcelorMittal étaient présentés par les médias comme des « ringards », comme si le mot « nationalisation » était tabou, comme si c’était un gros mot !

 

Sur le fond, la question est celle des politiques menées sur ce secteur depuis vingt ou trente ans, c’est la question des cadeaux fait à une multinationale, sans garantie ni contrôle. La manière dont les choses se sont passées est scandaleuse.

L’autre question essentielle est celle de l’avenir de la production d’aluminium en France et au niveau européen. Aujourd’hui, la politique européenne est basée sur le dogme de la « concurrence libre et non faussée », c’est à dire sur la guerre économique, alors qu’elle devrait s’appuyer sur la puissance publique afin de sauvegarder l’emploi et développer la filière en prenant en compte les contraintes écologiques.

Il n’en est pas ainsi parce que la seule réponse c’est le marché, qui doit tout décider, le sort des salariés et celui d’une région ne pèsent rien. Au bout du compte, les promesses de Hollande ne sont pas tenues et on a un accord qui discrédite le gouvernement et la parole politique.

On n’espérait pas beaucoup et ils trouvent le moyen de nous décevoir encore... Ce gouvernement donne le sentiment qu’il n’a aucune vision un peu globale de ce que pourrait être un changement de politique. C’est un gouvernement social libéral ou libéral social, un gouvernement qui reste sur une politique libérale.

 

Si on prend les dossiers de ces dernières semaines —Arcelor, TVA, SMIC...— ce gouvernement fait le contraire de ce qu’il a dit. Il fait le choix de continuer la même politique sur le fond que celle de Sarkozy, il ne tente même pas de l’infléchir, comme l’illustre notamment son ralliement au pacte budgétaire européen.

Il n’y a pas d’inflexion non plus sur la question des sans-papiers. La nouvelle circulaire reste sur la même mauvaise idée, celle des quotas. Cette vision politique des sans-papiers s’inscrit dans la continuité, et le fait même que ce soit le ministre de l’Intérieur qui en ait la charge en est le symbole.

Autre exemple, celui du jour de carence pour maladie dans la Fonction publique imposé par Sarkozy, une mesure unanimement condamnée par toutes les organisations syndicales qui en demandent l’abrogation et qui ont essuyé un refus du gouvernement. De même, il n’y a ni rupture ni changement sur le SMIC...

Même sur l’égalité des droits avec le mariage pour tous, la déclaration de Hollande (sur la « liberté de conscience » des maires) illustre le flottement du gouvernement, alors même que cela ne coûte rien économiquement.

À la première conférence sociale qui s’est tenue début juillet, on a eu droit à un grand discours sur la méthode mais à aucun choix d’orientation ; le dialogue c’est bien, mais de quel côté va la maison ?

On a eu la réponse depuis, avec le choix gouvernemental de faire des cadeaux aux entreprises (20 milliards d’un côté, la TVA de l’ autre côté) qui ne ne va faire qu’accentuer les problèmes ; le chômage va continuer à augmenter, la récession à s’accroître.

C’est le même train que celui de la Grèce et de l’Europe de l’austérité. Je ne vois pas comment on s’en sortira mieux. Certes, c’est moins violent ici qu’en Grèce, qui est le laboratoire européen de l’austérité, mais c’est la même logique, celle qui diminue les droits des salariés, détruit les services publics, l’accès à la santé, augmente le chômage et la précarité.

Une des raisons de la différence entre la France et l’Espagne, où le mouvement des Indignés est très engagé dans la remise en cause de l’austérité néolibérale, est que malgré tout, ici, globalement, les syndicats ont été capables de faire des mobilisations, ce qui n’était pas le cas en Espagne, où les principaux syndicats, ces dernières années, ont validé des accords de régression sociale largement à « droite » des positions de la CFDT.

 

C’est un des éléments qui peut expliquer que le mouvement des indignés en France n’a pas vraiment pris. L’institutionnalisation des syndicats, avec le fossé qui sépare leurs responsables des salariés et de la population, est une réalité, mais elle n’est pas absolue. Le syndicalisme français n’est pas figé, il est traversé par des tensions, des contradictions et en son sein, la question des mobilisations sociales, des rapports de forces à construire est débattue.

Mais c’est vrai, que le mouvement syndical est trop souvent à l’écart des luttes menées par les mouvements sociaux, comme par exemple à Notre-Dame-des-Landes qui touche des paysans et des très jeunes militants. À part Solidaires et la Confédération paysanne, aucune autre organisation de salariés ne s’est impliquée dans ce combat.

Il y a d’abord une raison classique : les gens ne se syndiquent pas pour des raisons idéologiques mais pour répondre à une question : comment on fait pour ne pas se laisser faire ?

 

Et après, il y a ce qu’on leur dit et ce qu’on leur propose. À Solidaires on leur dit deux choses : on va vous aider mais il faut que vous comptiez aussi sur vos propres forces ; ce que vous pouvez faire dans votre boite n’est pas suffisant pour que ça change vraiment, il faut aussi que vous vous inscriviez dans le mouvement général de la société.

C’est aussi une question de pratique : l’appui dont les salariés vont bénéficier quand ils créent une section syndicale, pour défendre leurs droits, la solidarité interprofessionnelle...

 

La grande différence est dans les choix stratégiques : par exemple, au moment des retraites, nous avons eu de grosses divergeances avec la CFDT, en particulier sur la nécessité d’une grève générale, et aussi avec la CGT qui n’a jamais rien fait pour tenter de la développer à cause de ses relations difficiles avec la CFDT.

Il fut un temps — je pense en particulier aux années soixante-dix où la CFDT, dans la foulée de mai 68, était alors porteuse d’un projet de société, le « socialisme autogestionnaire » — où le syndicalisme n’était pas seulement « combatif », comme aujourd’hui Solidaires le revendique, mais où il était aussi capable d’offrir un horizon, un imaginaire porteur d’avenir, des perspectives de transformation qui donnaient un sens à l’action au jour le jour. Où en êtes-vous ?

Nous sommes dans la contradiction suivante : d’un côté l’idée de transformation sociale renvoie pour nous à l’idée de rupture avec le capitalisme, de l’autre il y a le bilan catastrophique de la mise en oeuvre de l’idée de socialisme au XXe siècle (le socialisme « réel » ou les différentes idéologies liées à cette idée). Ce qui veut dire qu’il faut retravailler l’idée de transformation sociale en prenant en compte des questions comme l’écologie ou le féminisme, la démocratie aussi… La question du socialisme autogestionnaire devrait être repensée avec ces différents éléments.

Mais il y a une autre réflexion à avoir : la question n’est pas tant d’avoir un projet de société « clefs en main » que de construire des réponses dans les luttes sociales articulant mesures immédiates d’urgences sociales, propositions alternatives supposant des ruptures et mise en oeuvre dans les mouvements sociaux de nouvelles pratiques liées aux enjeux de démocratie, de lutte contre toutes les formes de discrimination ou aux enjeux environnementaux.

D’où l’importance de lieux de réflexion ouvert mêlant « intellectuels », syndicalistes, militant-e-s du mouvement social pour se poser dans « un intellectuel collectif » ces questions sur lesquelles aucun mouvement n’aura à lui tout seul la réponse. Il s’agit rien moins que d’inventer les voies de l’émancipation individuelle et collective au XXIe siècle !

La visibilité, la notoriété, on les a acquis beaucoup dans les manifestations sur les retraites, à Paris et en province, avec des cortèges Solidaires où s’exprimaient une combativité et des positions qui ont donné une certaine audience à nos idées. Et puis Solidaires est une réalité dans nombre de boites.

 

Nous pensons que l’unité syndicale a été un des éléments clé de la mobilisation de 2010. Il ne faut pas la lacher, même si ce n’est pas très confortable pour Solidaires d’être dans l’intersyndicale. On sait ce qu’on pèse... mais ça ne nous empêche pas d’exprimer publiquement nos désaccords. On a jusqu’ici essayé de tenir sur la question de l’unité sans pour autant tout accepter.

Pour nous, le meilleur moyen de dépasser cette contradiction est de la poser au plan local, de faire en sorte que le débat sur les stratégies syndicales, les revendications, les négociations… ait lieu directement avec les salariés, dans les entreprises, au plus près des salariés.

Peut-être que le mouvement syndical français serait plus tiré vers un syndicalisme d’accompagnement si Solidaires n’existait pas. Pour autant, nous ne sommes pas les « chevaliers blancs » du syndicalisme, nous ne voulons pas d’un syndicalisme de posture, nous nous battons pour un syndicalisme qui fasse bouger les lignes, y compris dans le mouvement social.

Mais face au gouvernement, face patronat et aux autres syndicats. Plus que jamais, il y a besoin du syndicalisme de combat qu’on essaie de porter.

Pour conclure sur une question plus terre à terre, est-ce que Solidaires n'a pas perdu un peu de sa visibilité en privilégiant l'unité syndicale avec les cinq confédérations dites représentatives ?

Ce n'est pas très différent de ce que propose la CGT...

Quelles sont les bonnes raisons qui peuvent motiver un salarié à adhérer, ou à créer, un syndicat Sud ou Solidaires ?

En Europe, en Espagne en particulier mais aussi ailleurs dans le monde, aux États-Unis notamment avec Occupy, on a vu émerger des mouvements sociaux qui ont flanqué un « coup de vieux » au syndicalisme institutionnel. Qu'en pense la syndicaliste ?

Que pensez-vous de la politique du gouvernement ?

Quelle est votre appréciation de la gestion du dossier ArcelorMittal par le gouvernement et en particulier de l'idée de « nationalisation » qui a été un moment avancée ?

Sur quelles revendications aurait du porter cette négociation ?

Solidaires n'a pas participé aux négociations nationales sur « la sécurisation de l'emploi et la flexibilité du marché du travail »... Et si vous y aviez été invités, y seriez-vous allés ?

En 2007, François Hollande, alors Premier secrétaire du Parti socialiste, se félicitait dans le journal Sud-Ouest de « l'évolution réformiste de la CGT », « à encourager » et affirmait : « Le syndicalisme que l'on doit combattre, c'est celui de Sud. »

Est-ce que l'Union Solidaires fait partie des « partenaires sociaux » ?

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 19:28

Les services publics sont-ils en train de disparaître petit à petit ? C'est ce que pense Jacques Cotta, dont le dernier ouvrage : «Qui veut la peau des services publics?» vient de paraître. Le journaliste imagine un monde sans fonctionnaire, comme pour mieux défendre ce qui constitue à ses yeux une certaine conception de la société, une république basée sur la sauvegarde de l'intérêt général.

Français, éternels pessimistes ? Nombreux sont ceux, en effet, qui voient la vie en noir. Si l’on se fie à la seule lecture du dernier ouvrage de Jacques Cotta, «Qui veut la peau des services publics ?» (Éditeur : Jean-Claude Gawsewitch), on pourrait en déduire que son auteur fait partie de ces gens d’humeur mélancolique.

L’auteur songe à l’avenir, il imagine un monde en 2084 où la retraite est à 78 ans, où les pensions sont négligeables. Une société sans fac ni lycée. Ou presque : seules les universités d’excellence ont pu survivre dans le but de former une élite, censée encadrer «la masse». Juste un cauchemar ou la réalité de demain ? (Nous y sommes ! Il n'y a qu'à regarder les augmentations de frais d'inscription, des tickets resto U, de la sécurité solciale ... Sans parler des dépenses de logement, etc.)

Retour en 2010 : la situation des services publics préoccupe Jacques Cotta. Les fonctionnaires, victimes de «pressions au boulot» (p. 301), « baissent les bras (p.22), se suicident. Et ne peuvent rien faire face à la « détérioration (et la fermeture aussi bien en ville qu'à la campagne) des services publics » (p.23),  souvent peu équipés.

Jacques Cotta, qui mêle dans son récit témoignages de fonctionnaires issus des quatre coins de la France et son propre avis, fustige, en particulier, les files d’attente dans les bureaux de poste. Il se penche également sur le gouffre de la sécurité sociale. A cause de la chasse au déficit, certains médicaments ne sont plus remboursés, s’étonne-t-il, alors que «les Français se soignent» (p. 91).

Il dénonce les suppressions de postes des fonctionnaires, «incapables d’assumer humainement et correctement leur fonction» (p.82). En particulier dans le domaine de l’éducation nationale. 16000 personnes vont perdre un emploi d’ici 2013, rappelle Jacques Cotta. Le journaliste se montre dépité face aux classes qui ferment en raison du manque de moyens, notamment dans les zones rurales. (Pour rappel, 16 000 à la rentrée 2011) S’agace quand il entend que certains professeurs au lycée se retrouvent obligés d’exercer d’autres emplois au sein de leur établissement, tel conseiller d’orientation.

Conclusion de Jacques Cotta : «La notion de service public (de proximité) se trouve ainsi chamboulée» (p.164). L’auteur esquisse même une allusion au célèbre roman de George Orwell : 1984. Selon lui, dans le monde d'aujourd'hui, tout le monde doit surveiller tout le monde, le journaliste évoque «la culture du résultat », parfois dénoncé, par exemple, par des syndicats de police.

A qui la faute ? L’auteur pointe du doigt les politiques de toutes les obédiences. Gauche et droite restent responsables. Il accuse d’abord Raymond Barre et sa rigueur. Puis François Mitterrand et le traité de Maastricht qui a instauré «la concurrence libre et non faussée». En prennent ensuite pour leur grade Lionel Jospin autant que Nicolas Sarkozy.

Votée en août 2001, la LOLF, «outil de la réforme de l’État, de la décentralisation et de la régionalisation», a été votée «dans un climat des plus consensuels (…) par le PS et l’UMP». Elle instaure, déplore Jacques Cotta, une «logique de résultats et non de moyens» (p.147). Soit sept ans avant la loi sur la Révision générale des politiques publiques (RGPP), chère à l’actuel chef de l’État.

Une mesure que désapprouvent certains maires de petites communes «qui voient peu à peu les services de l'État disparaître», explique Jacques Cotta.

Jacques Cotta, Qui veut la peau des services publics?, Jean-Claude Gawsewitch éditeur.

Source: Philippe Lesaffre

 

 

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 13:18

Jacques Cotta, « Riches et presque décomplexés » (Fayard), p 125 :

Pour ceux qui se font encore des illusions sur la CFDT et François Chérèque

Extrait du livre de Jacques Cotta,

« Riches et presque décomplexés »   

(Fayard), p 125 :

« Quelques jours après le petit-déjeuner en compagnie de deux cents membres d’Ethic (Syndicat patronal) et de François Bayrou, mon téléphone sonnait. On me demandait si je désirais participer à un remake, cette fois-ci

au Cercle interallié et en compagnie de François Chérèque. Le leader de la CFDT face à des patrons déterminés à la veille de la présidentielle sur des thèmes sociaux, politiques et économiques ne pouvait laisser indifférent. Mais une mauvaise surprise m’attendait, la veille dudit petit-déjeuner : un contre-ordre fut donné dans des termes qui ne pouvaient qu’aiguiser ma curiosité :

Sophie de Menthon vous fait dire que si cela ne tenait qu’à elle il n’y aurait pas de problème, mais c’est M. Chérèque qui pose comme condition l’absence de tout journaliste.

- Même en demeurant discret ?

- Même, nous sommes désolés. Il nous a dit que c’était une condition absolue à sa venue.

Le lendemain matin, je décide de passer outre. Je gravis les marches du Cercle interallié, passe le petit perron de l’entrée surmonté d’une imposante et néanmoins gracieuse marquise, ignore un valet de pied en jaquette noire et gilet rouge et pénètre dans le petit salon réservé pour le leader de la CFDT. Étonnement de la secrétaire d’Ethic préposée aux badges, air confus de ma part, incompréhension feinte pour obtenir enfin l’autorisation de m’installer dans un coin de la salle avec engagement strict de ne pas piper mot.

Devant une assistance très réduite comparée à celle venue assister à la prestation du leader de l’UDF,

Sophie de Menthon accueille l’invité :

- "Cher François Chérèque, c’est un grand plaisir. Mais laissez-moi vous dire, à vous qui avez eu par le passé le courage de soutenir des réformes difficiles, que je déplore l’absence de la presse. Vous auriez dû au contraire médiatiser au maximum cet événement, vu l’importance de votre discours".

- "Merci de m’accueillir. Et commençons donc par la presse. J’ai demandé à ce qu’elle ne soit pas présente car j’ai décidé de vous parler franchement, sans détour, directement. Entre nous, sans journalistes, ce sera plus simple !"

- Pour nous confier des secrets ? plaisante la salle.

Je connaissais la connivence qui peut exister entre les partenaires sociaux. « Les réunions à répétition rapprochent », dit-on. Mais là, il s’agit de tout autre chose. François Chérèque promet le discours de la vérité comme s’il se trouvait dans une réunion de famille qu’il ne faudrait pas perturber.

Durant une heure, je vais de surprise en surprise. Le leader de la CFDT réserve à ses hôtes très satisfaits un discours des plus politiques. « L’économie est poussive » et « le premier des problèmes concerne l’investissement » car nous « n’avons pas décliné les objectifs de Lisbonne ».

- "Plus clairement ?" demande Sophie de Menthon.

"Les réformes de la recherche, des régimes sociaux, des retraites, de l’assurance-maladie, de la santé, des hôpitaux n’ont pas été accomplies. "

En une phrase, François Chérèque fait siennes l’ensemble des mesures qui ont pesé dans le vote négatif du peuple français le 29 mai 2005. Mais qu’importe, la salle communie.

Il aborde ensuite « l’organisation du marché du travail », « l’existence de la précarité », mais aussi d’une « trop grande rigidité pour les entreprises ». Il dénonce le développement de la sous-traitance comme « facteur d’augmentation des inégalités ».

- D’inégalité pour qui ? demande un curieux dans la salle.

J’attends une réponse syndicale. Surprise !

- Pour les petites entreprises, répond du tac au tac le leader de la CFDT.

Je me tourne vers mon voisin de table : Je croyais qu’il parlait des employés. Pour un syndicaliste il est assez ouvert, non ?

Oui, mais si les entreprises ne vont pas bien, les employés non plus. Ce qui compte, c’est

l’entreprise, et lui, il a compris !

Au micro, François Chérèque en est à la dénonciation de « la culture du conflit », condamne « la

CGT qui pousse à la grève dans les ports de Marseille », ou « FO qui fait la loi chez les communaux

», « la nécessité d’y imposer une CFDT qui aujourd’hui y a des problèmes ».

Comment ? questionne Sophie de Menthon.

- "Par tous les moyens ! "

- "Je suis troublée, vous reprenez nos positions, que nous exprimons publiquement", intervient la présidente d’Ethic. ( Toujours syndical patronal !!!)

Galvanisé, Chérèque annonce la nécessité de « faire évoluer le contrat de travail », de ne « pas opposer la flexibilité à la rigidité », de réaffirmer « l’attachement à l’Europe » alors que « nous avons mis le drapeau bleu blanc rouge le jour anniversaire du traité de Rome, ce qui était lamentable ».

- "Reste la méthode ?" demande Sophie de Menthon.

Alors le président de la CFDT parle de « représentativité ». Il a déjà rencontré à plusieurs reprises « les conseillers de Sarkozy et le candidat lui-même » avec qui ils sont « plutôt tombés d’accord ». Il faut « reconnaître les syndicats dans les entreprises », et non plus au niveau national indépendamment des élections à la base.

Atomiser l’interlocuteur, c’est ça qu’il faut, me glisse à l’oreille mon voisin attentif.

François Chérèque, comme s’il lui répondait en écho, développe l’exemple de Renault.:

- « S’il n’y a pas de licenciement », c’est uniquement parce que « les ouvriers prennent aujourd’hui les jours qui

correspondent aux 35 heures de 2008 ». À l’inverse, à Sandouville, « la production est à flux tendu », donc « ils font 42 heures par semaine ». En discutant à la base, la flexibilité s’organise et s’impose d’elle-même.

- "Pourquoi, avec ce discours, êtes-vous au premier rang dans les manifestations ? "

- Chérèque: "J’ai manifesté contre le CPE car le ministre avait été ridicule dans la forme. Mais sur le fond, nous sommes bien sûr d’accord pour revoir le contrat de travail. "

Dans la salle on est au bord de l’applaudir.

- "Votre différence n’est pas assez marquée avec la CGT", insiste Sophie. Même si Thibault est assez positif (Tiens tiens  ....) , il existe des possibilités de débordement.

Chérèque: "Sur le terrain, c’est parfois compliqué, mais plus on va vers l’entreprise, je vous le répète, plus les salariés acceptent tout cela. Prenez l’accord Bosch sur le temps de travail. II y a 200 accords du même type, mais personne n’en parle. Laissons les choses se faire dans les entreprises, il y a une adaptation ! "

- "Vous avez des priorités ? "

- Chérèque "La protection sociale sera le gros morceau. Il faut finir le travail sur les retraites après ce qui a été

commencé sur les régimes spéciaux. Puis reconnaître que les CDD en lieu et place des CDI, c’est trop paralysant. Donc redistribuer vers l’assurance chômage qui sera plus sollicitée. Enfin, la soustraitance, dossier difficile... "

- "Pas tant que cela", intervient un des vingt membres d’Ethic installé dans la salle.

- Chérèque "Si, par exemple, prenez Airbus. À vous je le dis : l’État n’a pas à mettre un sou. Il faut faire à Airbus ce qui a été fait à Boeing ! Augmenter et développer la sous-traitance et mettre tout cela en concurrence.

- "Mais vous y êtes arrivé sur les retraites ? C’était bien plus chaud, non ? "

Le leader syndicaliste en serait presque à bicher.

- "Vous accepteriez d’être ministre du Travail de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal ? "

- Chérèque : "Non, je suis beaucoup plus utile à la place que j’occupe. Je peux faire de la pédagogie. Ségolène a

compris sur les retraites, par exemple, et elle n’est plus pour l’abrogation de la loi Fillon. En mettant la gauche face à ses contradictions, on aboutit au discours de Villepinte où la candidate socialiste fait de la dette sa priorité et reconnaît l’économie de marché. Mais pour cela, il faut être là où je suis.

- "Puisqu’on est entre nous, vous voterez pour qui ? "

- Chérèque : "Je peux vous dire que nous avons vu tous les candidats, outre l’extrême droite ou l’extrême gauche.

Surtout les deux principaux et Buffet par respect pour elle et aussi parce que sur des notions comme la flexisécurité, elle serait sans aucun doute d’accord. D’ailleurs, l’extrême gauche a aussi fait un pas. Elle reconnaît le marché et la décentralisation.

 - "Vraiment ? "

- Chérèque: "Mais oui, Arlette a pris un coup de vieux, vous savez ! "

Dans la salle on s’esclaffe.

- Chérèque: "Vous voyez bien le mal que j’aurais eu si la presse avait été présente."

- "Pour qui voteriez-vous donc ?" insiste Sophie de Menthon.

- Chérèque: "Nous ne donnons jamais de consigne à la CFDT. "

- "En privé ? "

Et là, Chérèque répond:"Sarkozy nous a présenté un calendrier pour les réformes et moi et ça me va très bien. On s’y met dès juillet."

 

Sourire de Sophie de Menthon et satisfaction de la salle. »

 

Alors ?? Encore des doutes ??

 

 

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 20:42

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 12:14

 

Les dix stratégies de manipulation de masses

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité,

délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celle d’une personne de 12 ans». Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

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Sourires Et Émotions

Coup de gueule !

Vous avez remarqué ? Le monde du travail vient de se faire une fois de plus entuber par le MEDEF, non que dis-je par la CFDT (accord qui vient d'être signé, plus de flexibilité, le droit pour le patron de baisser les salaires, d'augmenter le tps de travail...) Ils vont tuer les salariés !
(le 12 janvier 2013)

La GIPA 2013

INFO

SUD Solidaires était présent pour défendre la prime vacances des agents de Saint Pol et Fort-Mardyck mardi dernier, dès 17h15, avant le conseil municipal de Dunkerque.

Un tract denonçant la discrimination des 400 agents a été distribué à tous les élus, ainsi qu'aux dunkerquois venus assister au conseil.

Suivre les liens: Réunion du 27 juin: La déprime pour la prime

 Info SUD destinée au personnel de Fort-Mardyck et Saint-Pol

Action au conseil municipal, Vendredi 17 juin

Résumé de la réunion pour les agents de Saint Pol et Fort Mardyck

Mardi 14 : appel à une grève de 2 heures à St Pol et Fort-Mardyck ?